Un espoir dans le MMO-story : Overlord

Durant la saison d’été 2015, une certaine série a tant fait parler d’elle qu’elle a brassé du vent ; Overlord, petit bijou du studio Madhouse a surpris bien des otakus ! Initialement un Light Novel publié et écrit depuis 2012 par Kugane Maruyama, l’histoire et l’univers ont été repris par le réalisateur Naoyuki Itō (Digimon Data Squad *tousse*), accompagné par Yukie Sugawara pour remanier le scénario (Sword art online 2 *s’étouffe*).

Bon, le staff de départ ne vend pas du rêve, mais après tout, on ne juge pas un poney à son pelage ! Alors allons-y gaiement !

Avec du beau et des boobs dedans.
Avec du beau et des boobs dedans.

Plantons le décor

L’histoire débute dans un environnement vu et revu depuis quelques années dans les tendances nippones : un joueur se connecte à un jeu, et paf, on ne sait pas pourquoi, il s’y retrouve coincé. Vous me direz qu’on commence un peu à s’en lasser, de cette thématique… Oui mais attention. Overlord ne fait pas comme les autres.

En effet, notre protagoniste Momonga était dans le jeu Yggdrasil ce que l’on peut appeler un sale élitiste ; ou cheater pour les plus jaloux. Sur-équippé et bourré d’objets rares qu’il a récupéré à la sueur de son corps et de celle de sa guilde, le héros n’est pas le premier péon venu qui se retrouve coincé dès les premières heures passées sur un MMORPG. Du coup, une fois plongé dans cette  nouvelle réalité proche d’Yggdrasil (car il ne s’agit pas vraiment du jeu, plotwist !), Momonga conserve tous ses talents abusés de Caster. Il a toujours accès à la liste des PnJ, dont la merveilleuse Albedo qu’il a rendu folle amoureuse de sa personne en trafiquant son histoire dans le menu avant l’irrémédiable mise de vie du jeu. Il est également accompagné de nombreux personnages non-joueurs, créé par ses amis guildeux lorsque ces derniers jouaient encore. Il est un peu comme le seul survivant d’un jeu essouflé avec de nombreux serviteurs à ses pieds ; et bien évidemment, Momonga n’est pas idiot : s’il est bloqué dans ce bazar, alors sûrement que d’autres âmes le sont aussi ; il l‘espère en tout cas, et nous aussi.

Le problème est de savoir qui : nouvel univers, nouvelles têtes, impossible de savoir s’il y a vraiment des anciens joueurs d’Yggdrasil dans ces terres inconnues. Cependant, le héros a une solution : faire connaître son nom du monde entier en essayant, en quelque sorte, de le conquérir en étendant son influence.

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Et du coup, ça donne quoi ?

Soyons honnêtes : l’anime a énormément de mal à démarrer. Impossible néanmoins de nier son originalité parmi tous ses confrères : Overlord prend le contre-pied du genre même dans lequel il s’inscrit, en créant un personnage déjà surpuissant dès le début de la série. Une puissance qui à elle seule arrive à justifier le côté « jeu vidéo », qui ne reste par conséquent pas qu’un simple prétexte pour hurler des noms d’attaques ou parler de PV (coucou DanMachi).

La mauvaise conséquence, c’est qu’on ne sait pas trop où tout cela va aller. Les objectifs et volontés du héros sont très flous dans les premiers épisodes, et on a plutôt l’impression de suivre un vagabond qui ne sait pas quoi faire de sa vie. Cependant, les personnages permettent de nous faire patienter un peu ; l’univers étant du fantasy assez classique, on ne peut pas dire qu’il casse trois pattes à une licorne : du coup, on se raccroche un peu à ce qu’il reste.

Et puis soudainement, tout s’enclenche, les engrenages semblent fonctionner, tout décolle d’un coup d’un seul. Paf, une explosion de nouveautés arrive avec des rebondissements bien pensés et des caractères hauts en couleur, le tout balancé en plein dans nos figures (presque) innocentes.

It's a trap !
It’s a trap !

L’anime aborde des thématiques intéressantes, notamment sur l’identité. En effet, de par son avatar et ses pouvoirs, Momonga se retrouve à jouer le rôle d’un homme puissant et sans pitié ; le côté roleplay de son personnage, en somme. Pourtant, derrière cet amas d’os à l’origine virtuels, il existe un joueur comme les autres, avec un boulot, une petite soeur, et qui peut se retrouver intimidé par des jolies filles. Néanmoins, cette seconde personnalité qui est pourtant la véritable, s’efface au fil des épisodes pour laisser place à Ainz Ooal Gown, le nouveau Momonga, qui est bien décidé à prendre le contrôle du monde entier ; juste parce qu’il le peut. Sans autre motif : la recherche de compagnons devient vite un prétexte pour tester sa puissance. Ce qui peu à peu l’écarte plus ou moins de son objectif initial, quand bien même ses actions et leurs conséquences restent les mêmes.

Bien évidemment, au milieu et lancées en vrac, on retrouvera beaucoup de questions sur le bien et le mal, la justice, l’amitié et la solitude. Le classique du shônen, mais pris à l’envers, du côté d’un demi-méchant (demi parce qu’il ne veut pas tuer tout le monde, mais méchant parce qu’il transperce pas mal de bonhommes quand même, et ça fait du boyau au kilomètre, tout ça).

Enfin, la fin de la série en plus d’être assez démentielle avec un finish honorable, donne envie de se mettre aux Light Novels (c’est bête quand on comprend pas le japonais) : on peut donc considérer le pari de l’anime réussi.

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Côté son et lumières

Madhouse. Oui, Madhouse. Beyblade peut être, mais ne vous étouffez pas tout de suite : c’est aussi Gunsliger Girl, Paranoïa Agent, Black Lagoon, Nana, et plus récemment One Punch Man. Ce studio n’a plus rien à prouver parmi ses nombreuses (et fameuses) licences en terme de qualité, pour peu qu’elles ne fassent pas parties de celles sous-traitées en chine. Et justement, ce n’est pas le cas d’Overlord. Certains plans paraissent un peu faciles et d’autres trop statiques, mais ils n’en sont pas décevant pour autant, la qualité graphique étant suffisante pour apprécier l’ensemble.

La seule chose qu’on pourrait leur reprocher, c’est de s’être écarté du trait de so-bin, l’illustrateur du Light Novel. Cependant, étant donné le style artistique, il est évident que les traits avaient besoin de s’adapter pour pouvoir être animés convenablement En cela, le travail n’a pas été mal fait.

Bon. Instant fangirlisme, pardonnez-moi ; nous arrivons aux Seiyū et je dois commencer par ceci : Aoi. Fucking. Yuuki. Madoka (Puella Magica Madoka), Giselle (Last Exile: Ginyoku no Fam), Krul (Seraph of the end), Nina (Gangsta.), oui, oui, OUI. Elle double à merveille Clémentine, ce personnage déjà merveilleux dans sa folie. Aoi Yuuki n’arrête pas de nous montrer les nombreux visages qu’elle sait doubler à la perfection, et jamais je ne me lasserai de la voir à tous les coins de rue des animes.

Mais passons ! L’ensemble du casting est bon, et je suis plutôt contente de voir Satoshi Hino pouvoir faire ses preuves sur un véritable protagoniste (ici Momonga) plutôt que sur des personnages secondaires voire tertiaires.

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En terme de bande son, Shūji Katayama a fait un joli travail d’ambiance sur les musiques. Epiques quand il le faut, calmes dans les moments de réflexion, amusantes lors des gags : rien d’extraordinaire mais en tout cas, l’ensemble n’a pas l’air bâclé et reste dans un univers chevaleresque sans partir dans le folklorique. Notons aussi que l’anime n’hésite pas à faire usage du silence, tout aussi approprié à son univers.

L’opening, par Masayoshi Oishi × Tom-H@ck et nommé Clattanoia, permet avec entrain d’entrevoir l’univers et les personnages de la série. Je ne saurais que vous conseiller d’écouter la version entière pour saisir tout l’awesomeness de cette chanson. Si vous aimez le générique d’ouverture, vous allez adorer l’ending, parsemé de nombreuses images de la somptueuse d’Albedo avec L.L.L., une chanson de MYTH & ROID. Globalement, ces deux pistes sonores donnent un aperçu véritable de l’univers d’Overlord, éléctrique, violent et bougeant dans tous les sens (excepté les premiers épisodes, certes).

Ca sent le produit dérivé.
Ca sent le produit dérivé.

En conclusion

Overlord n’est sûrement pas le meilleur anime de 2015, mais il n’en reste pas moins une bonne surprise. Jouant habilement sur les clichés et tendances du genre dans lequel elle s’inscrit, cette série ne manque pas d’atouts pour plaire, notamment grâce à des personnages amusants et une histoire qui sort des sentiers battus. Pour une fois, on suit l’histoire d’un méchant avec un coeur nostalgique, et non pas un héros sans expérience qui botte des fesses à longueur de temps. Même si Overlord a du mal à démarrer, une fois les premiers épisodes passés, la série prend toute son ampleur : si vous avez un trou dans votre planning, pensez à y jeter un oeil !

Note : Oui, je n'ai pas pu m'empêcher de mettre une illustration de so-bin au lieu de l'anime, parce que ça roxx.
Note 2 : Je sais, MMO-story ça existe pas. Il y a un terme pour toutes ces histoires isolées dans un MMORPG ?
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