Le jeu tactile du mois #2 : Fallout Shelter

Suite à la vague d’enthousiasme crée lors de l’annonce de la sortie du jeu Fallout, Bethesda en a profité pour sortir une petite application nommée Fallout Shelter. Depuis l’été 2015, nous pouvons donc devenir le gérant d’un ou trois abris ; et advienne que pourra !

Parlons-en

Fallout Shelter présente tous les traits graphiques et environnementaux propres à sa licence. Cela inclue les publicités pour le shop mais aussi les monstres ou même les sons ancrés dans des années soixante futuristes. Plongés dans un monde en désolation bien des années après la troisième guerre mondiale, nous n’incarnons plus ici un explorateur mais un superviseur : il nous faudra veiller sur un abri et permettre à ses habitants d’atteindre le bonheur, mais surtout de rester en vie.

L'art de la drague.
L’art de la drague.

Si le contexte apporte une originalité et un certain plaisir à se lancer dans le jeu, le gameplay n’en reste pas moins très classique. Simulation pure, votre but sera d’abord de stabiliser vos ressources : énergie, eau et nourriture. Pour cela, il vous faudra faire travailler des habitants dans la pièce correspondante : centrale, station d’eau ou fast food ; eh, post-apocalyptique peut rimer avec burgers ! Et comme on est américain, ça fait pas grossir. Bien évidemment, au fur et à mesure que vous gagnerez des résidents (visiteurs venus d’ailleurs ou fécondation accélérée), vous débloquerez d’autres types de bâtiments. Le petit plus de Fallout Shelter est l’aspect assez tactique sur la gestion des habitants (et j’insiste sur le « assez »).

Chacun possède six compétences résumées en « S.P.E.C.I.A.L » : Force (strength), Perception, Endurance, Charisme, Agilité et Chance (luck). La centrale électrique requiert par exemple de la force : un personnage avec trois points dans cette compétence produira plus d’énergie qu’un autre avec un seul point. Autre particularité, les résidents gagnent des niveaux, permettant d’augmenter leurs points de vie. Vous vous demandez peut-être pourquoi ? Eh bien, quand un radcafard ou un pillard essaie d’éparpiller vos entrailles, cela peut s’avérer plutôt utile !

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Cela entraîne un aspect RPG puisqu’en plus des niveaux, vous deverez également gérer des équipements (armure et arme). Pour en gagner, vous aurez deux options : acheter des boîtes avec vos euros ou envoyer un de vos protégés dans les terres désolées, en priant qu’il ne se fasse pas machouiller la tête dans les premières heures de son expédition. Pas de panique cependant : vous pourrez toujours le ranimer en payant quelques capsules (monnaie fictive issue de l’univers de Fallout).

Et à partir de là… eh bien plus rien. C’est assez triste : beaucoup de bonnes idées mais une répétition incroyable et un manque d’enjeux bien trop important. La progression est graduelle mais sans difficulté : et même si les radcafards finissent remplacés par des rataupes, Fallout Shelter reste très linéaire et votre seul objectif sera d’augmenter votre nombre d’habitants et d’agrandir votre abri. Pour comparer avec un autre jeu de simulation, prenons Hay Day. Alors oui, c’est un jeu où il faut s’occuper d’une ferme dans laquelle les vaches portent un bonnet de Noël pour les fêtes de fin d’année : ça ne vend pas du rêve. Pourtant, le système de niveaux permet d’augmenter le champ des possibilités mais également le nombre d’objectifs : plus l’on progresse et plus il faudra passer du temps sur le jeu pour tout planifier et rester au top. Le jeu gagne en difficulté avec le temps: ainsi, il possède une meilleure durée de vie, dans le sens où on se prend au jeu plus longtemps malgré son univers moins intéressant. Fallout Shelter, c’est tout l’inverse : on se situe dans un monde riche, avec une ambiance originale et de bonnes idées. Mais le reste ne suit pas. Une bonne licence ne suffit pas à faire un bon jeu, malheureusement.

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Autres points négatifs : la boutique dispose de peu d’articles (on ne peut même pas acheter de capsules… la base dans un free to play). C’est également un jeu qui vous punira si vous avez le malheur de le délaisser trop longtemps. Il faut croire que Bethesda considère que l’on ne peut pas partir en vacances ou arriver dans un endroit paumé et sans réseau : il suffira de quatre jours pour que votre abri soit à sec de ressources et que ses habitants soient aux affres de la mort. La plupart des jeux du genre vous permettent de reprendre votre progression là où vous vous êtes arrêté, ce qui est logique. Mais ici, absolument pas ! Si cela ne vous décourage pas, il vous faudra bien facilement une heure pour tenter de soigner tout le monde et remonter la pente. Pire encore : il n’existe même pas, de près ou de loin, un objet permettant de maintenir vos personnages en vie durant votre absence !

En conclusion

Fallout Shelter présente de nombreux atouts et de bonnes idées de gameplay bien qu’aucune ne soit si révolutionnaire. Bethesda montre donc vite ses limites en terme de réflexion et de durée de vie sur un jeu de simulation : une boutique vide, des absences qui sont punitives, et il n’existe aucune difficulté ni de réalisations véritables en dehors de la progression des niveaux (et donc de la simple augmentation de la vitalité des personnages).
C’est en résumé un jeu idéal pour passer le temps un weekend chez papi et mamie mais qui n’a aucun intérêt sur la durée.

Autre précision et pas des moindres pour les utilisateurs d’Android : si vous souhaitez passer de votre smartphone à votre tablette (ou votre deuxième mobile, chanceux du porte monnaie que vous êtes), cela sera tout simplement impossible puisque Fallout Shelter sauvegarde vos parties sur votre appareil uniquement.

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